LA RESTAURATION DU CHATEAU DE CHAMPS-SUR-MARNE

Article complété et mis en ligne le 19 septembre 2013.

Le 21 septembre 2006, la château de Champs-sur-Marne fermait ses portes en raison de l'effondrement partiel d'un plafond. Telle "La Belle au bois dormant", voilà pour le public notre maison de plaisance plongée dans un sommeil profond mais qui ne durera pas, fort heureusement, tout un siècle!

Sept ans de travaux auront donc été nécessaires, ou suffisants vu l'ampleur de la tâche, pour restaurer et restituer ce château dans ses décors et son ameublement à l'état du XIXème siècle sous les Cahen d'Anvers.

Rappel des faits qui ont conduit le Centre des monuments nationaux (CMN) à engager cette restauration. Pour mémoire, le paragraphe suivant était paru sous forme d'article sur le présent site au printemps 2007.

 

Effondrement partiel du plafond du salon chinois.

 

VIVRE MIEUX à CHAMPS, toujours soucieux de communiquer davantage d'informations sur la commune, s'était déjà saisi du dossier du Château de Champs en novembre 2006. Rappelons ici que le 20 septembre 2006, l'effondrement partiel du plafond du "salon chinois " avait conduit Madame le Maire à la fermeture du château par mesure de précaution. Nous avions alors rencontré Monsieur Charpentier, Conservateur du château et Madame Chantal Brunel, députée de la 8ème circonscription et avions appris que des travaux de sondages et divers diagnostics étaient prévus dès le premier trimestre 2007 et que des travaux de réfection seraient ensuite exécutés au cours de l'année 2007.

Ayant pu constater que des travaux de sondages avaient été réalisés en février 2007, nous nous sommes rendus sur place. Les plafonds du "Salon Chinois" et du "Fumoir" ont en effet été dégagés sur une large partie et la structure est maintenant apparente. Une bonne nouvelle est à signaler : les planchers du premier étage et les plafonds du rez-de-chaussée sont secs et les poutres porteuses, en bois, ne sont que faiblement atteintes sur leur partie inférieure. S'ils ont été infestés par la mérule, celle-ci est désormais inactive. Mais ce champignon, très résistant et vivace pourrait renaître sous certaines conditions d'humidité.

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La vue des plafonds confirme que d'importants travaux à ce niveau ont été réalisés au début du XXème siècle par le dernier propriétaire privé du château : le Comte Cahen d'Anvers. Ces travaux ont consisté en une pose de poutrelles métalliques régulièrement réparties en dessous des planchers de façon à alléger la charge. Pour simplifier, il n'y a pas de risque d'effondrement des planchers, seuls les parements de plâtre dans les salons du rez-de-chaussée sont atteints par endroits.

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Les travaux réalisés récemment, que tout visiteur du Parc peut apercevoir par les fenêtres laissées ouvertes pour assécher les structures mises à nu, ont conduit à une expertise visant à préciser la nature des travaux à réaliser et le coût qu'il en résulterait. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il ne s'agit pas ici d'un problème financier, puisque selon le communiqué de presse du Ministère de la Culture, les sommes allouées à ces travaux se monteraient à environ à 450 000 euros pour la restauration du plafond et des éléments de décor du salon chinois.

De plus vastes travaux ont également été décidés pour une mise aux normes du château, le confort du public, l'accessibilité du château aux personnes handicapées, l'amélioration des dispositifs destinés à l'accueil de manifestations et à la valorisation domaniale de l'édifice pour un montant de deux millions et demi d'euros.

Mais pour l'instant, le château reste fermé, car il s'agit en fait d'une querelle de spécialistes qui bloque aujourd'hui les travaux ! Le Maître d'ouvrage, le Ministère de la Culture (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et le maître d'œuvre, l'Architecte en Chef des Monuments Historiques, ne s'accordent pas sur la nature des travaux à réaliser. Si le premier est favorable à des méthodes plus douces, moins destructrices et basées sur trois techniques bien connues aujourd'hui des experts (méthodes vibratoires, études au résistographe et à l'endoscope) conduisant à la réfection seule des zones endommagées présentant un danger, le second est favorable à un démantèlement complet des plafonds et à leur réfection totale. Il va sans dire que les budgets, ni les délais ne sont comparables dans ces deux cas.

Bien que conscients des enjeux et des responsabilités qu'impliquent cette décision, nous demandons qu'une résolution finale soit enfin arrêtée pour un démarrage rapide des travaux et la réouverture prochaine du joyau de notre ville. Ce château s'inscrit dans notre histoire et contribue au développement de l'image de la France en Europe et dans le monde entier. Il est partie intégrante de notre patrimoine environnemental local et participe au développement de la culture et des loisirs des campésiens.

Article : Michel Lansman
Photos : Jean-Luc Durand

 

Les travaux réalisés.

 

"Serpela lacrymans" de son nom vernaculaire, la mérule pleureuse, champignon lignivore, est à l'origine de la pourriture cubique qui dégrade la cellulose, en particulier celle du bois. Elle se développe entre autre dans les bois mis en œuvre dans les constructions dès lors que les conditions de son développement sont réunies : un taux d'humidité supérieur à 22%, le bois étant considéré comme saturé à partir de 30%, une température comprise entre 20 à 26°C, l'obscurité et un confinement de l'atmosphère. Ces ramifications peuvent traverser les maçonneries sans toutefois les détruire. Ceci explique pourquoi plusieurs pièces du château ont pu être infectées.

Son éradication nécessite avant tout de rétablir des conditions saines afin qu'elle ne puisse se développer, puis de procéder à un traitement de fond comprenant l'élimination des bois trop atteints, le sondage de la maçonnerie pour rechercher les ramifications du champignon, le brûlage à la flamme des parties contaminées, enfin un traitement fongicide superficiel ou par injection des bois sains ou peu atteints.

Cette contamination a donc nécessité la fermeture du château pour procéder à une inspection complète des structures en bois. Conséquence heureuse de cette longue fermeture forcée, des opérations lourdes ont pu être engagées pour mettre aux normes les installations électriques, permettre l'accessibilité des locaux aux personnes à mobilité réduite (PMR), installer de nouveaux sanitaires et restaurer les décors et collections : mobilier, tentures, lustres, vaisselle,... La grille d'honneur du domaine a également bénéficié de cette restauration.

L'association VIVRE MIEUX à CHAMPS, présidée par Gérard Dalissier, et moi-même, avions rencontré l'adminis-tratrice du domaine en octobre 2008 pour faire le point sur les travaux engagés et évoquer les aménagements propres à améliorer l'attractivité du domaine et, de par-là même, celle de la ville. Certains vœux émis par l'administratrice ont été exaucés : accessibilité aux PMR, sanitaires, billet-terie et boutique. Mais des travaux de restauration et d'aménagements restent à réaliser, dont un indispensable parking extérieur.

L'aménagement d'une zône de station-nement avait d'ailleurs été évoquée lors d'une visite du château en présence du Directeur Général des CMN, d'une architecte des Bâtiments de France et de Madame le Maire (voir article ci-joint paru sur le magazine Champs info n° 169 de février 2008). Madame le Maire a-t-elle saisi le Conseil Régional et le Conseil Général et, dans l'affirmative, quelles réponses ont été données à ce projet ?

Cet article relate la création de l'association des amis du château et du domaine national de Champs-sur-Marne, "Les Amis de Champs" 1, présidée par la comtesse Joséphine Cahen d'Anvers, petite-fille de Charles.

 

 

1 Siège social : Domaine national de Champs-sur-Marne, 31 rue de Paris, 77420 Champs-sur-Marne.

 

 

 

VIVRE MIEUX à CHAMPS - 77420 CHAMPS S/ MARNE